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Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi votre vol avait été retardé ou était resté au sol? Vous avez peut-être entendu dire que le retard était attribuable aux conditions météorologiques, au « volume de trafic » ou à quelque chose de vague comme des « contraintes ». Ce que vous ne savez probablement pas, c’est que cette décision a été prise par des dizaines de spécialistes dans l’ensemble du Canada qui collaborent pour assurer la sécurité de la circulation aérienne.


Au cœur de cette collaboration se trouve le Centre national de l’exploitation (NOC) de NAV CANADA. Basée à Ottawa, cette équipe surveille l’espace aérien de l’ensemble du Canada et coordonne les réponses à toutes les situations, allant des perturbations météorologiques aux fermetures de pistes. Elle travaille étroitement avec les transporteurs aériens, les aéroports et les services de la circulation aérienne afin d’assurer le bon fonctionnement du système.

Pour mieux comprendre le processus décisionnel, nous avons rencontré Derek Allen, gestionnaire, Exploitation nationale au NOC, afin de découvrir le travail de planification et de collaboration en temps réel qui s’effectue en coulisses et qui assure la fluidité de la circulation aérienne.

Un avion commercial roule sur la piste d'un aéroport avec des collines et un paysage urbain en arrière-plan.

Qu’est-ce que le NOC et quelle est son importance?

Créé après le 11 septembre en tant que centre de communication en cas de crise, le NOC est aujourd’hui le centre névralgique du système de la circulation aérienne du Canada. Alors que les emplacements locaux de contrôle de la circulation aérienne et d’information de vol sont responsables de services essentiels dans leur propre région, le NOC adopte une optique pancanadienne et examine les sept régions d’information de vol (FIR) de NAV CANADA afin de comprendre comment une perturbation peut se répercuter sur l’ensemble du système.

« Nous assurons une surveillance permanente d’un bout à l’autre du pays, explique Derek. Si les perturbations météorologiques se déplacent de Toronto à Montréal, ou si un problème se produit dans un espace aérien donné, cela peut déclencher une réaction en chaîne qui aura des répercussions sur les vols dans tout le pays. Notre travail consiste à assurer de façon proactive la coordination avec toutes les personnes concernées pour que les opérations demeurent sécuritaires et efficaces. »

Le NOC recueille des renseignements et les transmet aux intervenants suivants :

  • les transporteurs aériens et les autorités aéroportuaires;
  • les prévisionnistes;
  • le personnel des services de la circulation aérienne de l’ensemble du pays;
  • les équipes de direction de Transports Canada et de NAV CANADA.

Il s’agit d’un centre de planification, de réponse et de communication.

Qu’est-ce qu’une initiative de gestion de la circulation (TMI)?

Lorsqu’on s’attend à un achalandage élevé dans une région ou un aéroport donné en raison des conditions météorologiques, du volume de trafic ou d’autres contraintes, le NOC peut proposer une initiative de gestion de la circulation, également appelée TMI. Généralement, ces propositions sont présentées par l’Unité nationale de gestion de la circulation (NTMU) après une coordination interne visant à évaluer les options disponibles pour équilibrer la demande. La TMI fait ensuite l’objet d’une discussion avec les partenaires des transporteurs aériens et des aéroports afin de déterminer l’approche la plus efficace qui causerait le moins de perturbations.

Il peut s’agir de ralentir quelques départs ou arrivées, de modifier les itinéraires de vol pour éviter les tempêtes ou de gérer le nombre de vols pouvant arriver par heure (taux d’arrivées à l’aéroport [AAR]). Ces initiatives contribuent à assurer la sécurité et l’efficacité du système, en réduisant au minimum les retards et le risque de congestion.

Ces mesures ne sont pas prises uniquement par le NOC. Celui-ci travaille étroitement avec les parties prenantes clés pour déterminer l’approche la plus efficace provoquant le moins de perturbations.

Qu’est-ce qu’un programme d’attente au sol (GDP)?

S’il est prévu que les attentes au sol liées à la gestion du débit durent plus de deux heures, la NTMU peut mettre en œuvre un GDP. Cet outil permet de gérer la demande en retenant les vols à leur aéroport de départ et en les espaçant pour que seul un nombre raisonnable d’entre eux arrivent à destination durant une période donnée.

Les vols se voient attribuer des créneaux de départ précis, ce qui permet d’éviter l’engorgement des aéroports d’arrivée achalandés et d’assurer une meilleure prévisibilité de la circulation globale.

Quelles sont les causes d’un retard de vol?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la plupart des retards amorcés par les fournisseurs de services de navigation aérienne ne sont pas attribuables à un seul problème. Parfois, NAV CANADA met en œuvre des TMI de manière préventive. Celles-ci découlent généralement de facteurs multiples et interconnectés. Voici quelques exemples :

  • La météo (orages, neige, vent);
  • Des travaux sur des pistes ou l’état des pistes (mouillées, glacées);
  • Des pannes d’équipement ou un manque de personnel chez les fournisseurs de services de navigation aérienne, les transporteurs aériens et les aéroports;
  • Le volume – trop de vols qui arrivent en même temps;
  • Des restrictions imposées par d’autres fournisseurs de services de navigation aérienne;
  • Des événements spéciaux ou des urgences.

« C’est comme un écosystème, explique Derek. Chaque partie doit fonctionner pour que tout se déroule bien. Un petit problème peut se répercuter sur l’ensemble du réseau. »

Par exemple, lorsque des conditions météorologiques défavorables bloquent une trajectoire d’approche, le NOC et la NTMU collaborent avec le personnel des services de la circulation aérienne pour trouver un autre itinéraire, souvent en temps réel. Si une tempête passe au-dessus d’un repère d’entrée de région terminale, ou « bedpost » – le point d’entrée de navigation dans un espace aérien près de l’aéroport –, elle peut provoquer une réaction en chaîne de retards dans l’espace aérien, même si l’aéroport lui-même reste ouvert.

Un contrôleur aérien se tient dans une tour de contrôle au crépuscule, surplombant un aéroport brillamment éclairé.

La collaboration à chaque étape

Chaque jour, NAV CANADA organise plusieurs appels de planification avec des exploitants d’aéroport, des répartitrices et répartiteurs de vol de transporteurs aériens, des services météorologiques et du personnel des services de la circulation aérienne. Ces appels donnent une vue d’ensemble des opérations quotidiennes :

  • Communication des contraintes connues (comme des travaux sur une piste ou l’approche d’une tempête);
  • Examen des changements opérationnels proposés;
  • Révision en groupe du plan avant son exécution.

Même lorsqu’une TMI ou un GDP est mis en place, le plan n’est pas définitif. Les transporteurs aériens peuvent toujours demander des exceptions pour les vols perturbés en raison de la disponibilité des équipages, d’un entretien ou de contraintes opérationnelles. L’objectif est toujours de trouver le bon équilibre entre flexibilité et sécurité.

« Souvent, ce que les gens ne voient pas, c’est le travail transparent et collaboratif qui se fait en coulisses », explique Heather McGonigal, vice-présidente adjointe, Relations avec l’industrie et les parties prenantes à NAV CANADA. « Qu’il s’agisse d’une journée normale ou d’une journée avec des perturbations inattendues, nous collaborons constamment avec les aéroports, les transporteurs aériens et d’autres partenaires de l’aviation pour assurer le bon déroulement des opérations. Nous comptons sur leur expertise pour nous aider à prendre les meilleures décisions pour l’ensemble de l’écosystème. C’est cette coordination constante, cette ouverture et cette confiance qui assurent la sécurité et l’efficacité des opérations. »

Aéroports et espace aérien : une complexité cachée

Un autre aspect moins connu de la gestion des retards concerne l’espace aérien autour d’un aéroport, et pas seulement l’aéroport en soi.

Imaginez que chaque aéroport dispose de quatre « rampes d’accès » – appelées « repères d’arrivée » ou « repères d’entrée de région terminale » – où les vols entrants convergent lors de l’approche finale. Si une tempête bloque l’une de ces rampes, la circulation doit être réacheminée sur celles qui restent. Un volume trop important dans ces corridors de l’espace aérien peut entraîner des retards, même si les pistes et les portes de l’aéroport sont libres.

Qu’est-ce que le public voyageur en général ignore?

La plupart des passagères et passagers ne voient que le résultat final : leur vol est retardé. Ce que ces personnes ne voient pas, c’est le réseau de centaines de personnes qui planifient et s’adaptent en temps réel pour assurer le bon déroulement des choses.

« Qu’il s’agisse des équipes au sol, des répartitrices et répartiteurs de vol des transporteurs aériens, du personnel des services de la circulation aérienne ou de notre équipe au NOC et à la NTMU, tout le monde travaille dans le même sens : amener les gens là où ils doivent aller, de manière sécuritaire et efficace, explique Derek. La sécurité est toujours la priorité absolue. Nous ne ferons aucun compromis sur ce point. »

Même dans le cas d’un retard de 15 minutes, il peut y avoir eu des dizaines de conversations, de mises à jour des prévisions, de réacheminements et d’efforts de planification d’urgence, certains faisant intervenir NAV CANADA, d’autres dirigés par les transporteurs aériens, les aéroports ou les services météorologiques.

Le pouvoir de la collaboration derrière chaque vol

Le système de circulation aérienne du Canada est l’un des plus complexes et des plus interconnectés au monde. Il s’étend sur un vaste territoire, est soumis à des conditions météorologiques diverses et compose avec des volumes de trafic élevés. Et il est géré par des équipes interfonctionnelles formées de professionnelles et professionnels qui travaillent de concert en temps réel, chaque jour.

Au cœur de tout ceci, le Centre national de l’exploitation joue un rôle essentiel dans la planification, la résolution des problèmes et l’assurance d’un fonctionnement aussi sécuritaire et efficace que possible. Il ne s’agit pas seulement de gérer la circulation aérienne, mais aussi de faire preuve de collaboration et de coordination, et d’un engagement ferme à aider les gens à se rendre là où ils doivent aller.

Comprendre ce qui affecte votre vol

En savoir plus sur les initiatives de gestion de la circulation aérienne et sur l’incidence des conditions météorologiques, des travaux de construction et d’autres facteurs sur l’aviation.